Jean-Marc Blancherie est fondateur de la société I-KM, spécialisée dans l'intelligence économique et le Knowledge Management. Dans cette interview, il nous livre sa vision de la recherche d'information sur le Web et des nouveaux usages de l'Internet. Il explique également quels sont les nouveaux modes de production et de diffusion multimedia qui bâtiront demain ce qu'il appelle l'intranet 2.0.

Fondateur de la société i-KM - Intelligence Knowledge Management - Jean-Marc Blancherie a créé en 2000 le premier site francophone sur le Knowledge Management (http://www.i-km.com/). D'une formation initiale en Sciences Politiques il est aujourd'hui un expert reconnu dans le champ de l'intelligence économique et usages de l'internet, au travers du concours que ces disciplines apportent à l'élaboration d'une intelligence collective.

Il nous livre ici quelques réflexions, autour notamment de la notion de pertinence et des nouveaux usages de l'internet. Après le web 2.0, à l'avant-garde de ce que seront les usages innovants de demain, il nous explique quels sont les nouveaux modes de production et diffusion multimedia qui trouveront bientôt leur place sein de ce qu'il appelle l'intranet 2.0.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je dirige la société i-KM que j'ai fondée en 2000. I-KM signifie Intelligence Knowledge Management. Notre activité s'articule autour de problématiques liées au KM, à l'intelligence économique, à l'intelligence territoriale et finalement à la notion d'intelligence collective. Notre cœur de métier se déploie dans l'émergence de l'intelligence collective au sein de la société, de l'économie, des organisations, et des usages des technologies.

Faites-vous référence à des systèmes experts quand vous parlez d'intelligence pour les TIC ?

Nous préférons parler de Technologies de l'Information, de la Communication et de la Connaissance ou TICC. Concernant ces technologies, notre positionnement est très différent de la vision qui est à la source de l'Intelligence Artificelle. Nous sommes résolument orientés vers la production et l'échange d'information et de connaissance, c'est-à-dire vers les usages des technologies, les aspects directements humains, les pratiques des acteurs en réseau et dans les organisations. Les technologies viennent donner des réponses ou encourager de nouvelles pratiques. Elles ne sont en aucun cas là pour remplacer ou simuler l'intelligence humaine. L'intelligence humaine se constitue  et se déploie dans les organisations humaines ainsi que dans l'inter-relation humaine.

Comment définissez-vous la recherche d'information ?

On parle toujours d'information pertinente comme si le paradigme principal était celui de la recherche d'information. C'est une vision extrêmement étroite qui correspond à une partie seulement d'un processus beaucoup plus large et d'une problématique dont nous ne connaissons que les prémices. La recherche d'information n'est qu'un maillon d'une chaîne cognitive bien plus importante. Il convient en réalité de redéfinir la pertinence par rapport à un usage. C'est tout un univers de pratiques émergentes qu'on se propose de décrire et on ramène cet univers à un processus simple et finalement simplificateur, qui ne permet pas de penser la globalité du système en construction. Il faut essayer de situer les points de repères principaux qui vont nous permettre de penser les usages des technologies de l'information, dans les organisations et dans les réseaux.

Cela induit-il une prise en compte du sens ?

Ce ne sont pas les systèmes sur le plan de leur architecture ou de leur paradigme scientifique qui nous intéressent. Nous ne les rejetons pas pour autant. Ce qui nous intéresse c'est ce que les anglo-saxons appellent depuis longtemps le sense-making. C'est-à-dire la production de sens en situation, dans l'action collective, organisationnelle, professionnelle, territoriale ; et toujours dans la relation entre les personnes ou les acteurs.

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