A l’heure où nous écrivons ces lignes, et si vous êtes un webmaster ayant accès à la « Google Search Console », vous avez certainement déjà reçu un message avec pour objet « Présentation de la nouvelle Search Console pour [votre site] ». Google a en effet annoncé officiellement la disponibilité de ces nouvelles fonctionnalités en version bêta le 8 janvier 2018, et depuis lors a commencé à ouvrir progressivement l’accès à la nouvelle version. Nous allons voir dans cet article que la nouvelle Search Console apporte un peu plus que des changements cosmétiques, mais qu’elle présente également des limites qui pour certaines seront temporaires (elles ne vont perdurer que pendant une période de transition), mais qui pour d’autres semblent plus définitives.

Par Philippe Yonnet

Une nouvelle Search Console et de nouveaux principes

D’une manière générale, la nouvelle version de la Search Console a été imaginée afin de répondre à certaines critiques exprimées à propos de l'outil actuel, jugé peu utile en l’état par de nombreux webmasters qui trouvent les informations qui y figurent peu « actionnables ».

Tout d’abord, l’idée est de fournir des informations tournées vers l’action, et non plus uniquement des indicateurs à interpréter. Les rapports d’erreur par exemple sont regroupés par types de problème à corriger, indiquent également la volumétrie des erreurs ou des URL concernées, ainsi que le caractère critique ou non de ces erreurs.

Ensuite, et c’est particulièrement notable dans le rapport sur les pages AMP, la nouvelle Search Console permet d’organiser son travail de correction, en permettant de noter les pages qui ont été traitées et donc d’identifier celles à corriger. Il sera possible, dans de futures fonctionnalités, de partager des éléments provenant des rapports de la Search Console pour faciliter le travail en groupe.

Enfin, Google introduit un nouveau fonctionnement qui fait de la nouvelle Search Console un véritable outil d’optimisation et non plus un simple thermomètre : certaines fonctionnalités permettent de re-tester immédiatement une page  pour vérifier que les problèmes sont bel et bien corrigés, et ceci, sans avoir à attendre que la page soit recrawlée.

Comment accéder à la nouvelle Search Console ?

Si vous avez déjà reçu le message « Présentation… »

Si vous avez déjà reçu un message dont l’objet est « Présentation de la nouvelle Search Console pour [votre site] », cela signifie qu’un lien vers la nouvelle Search Console doit normalement apparaître en haut à gauche du menu.


Fig. 1. Le lien pour accéder à la nouvelle Search Console apparait
en haut à gauche du menu de l’ancienne interface.

Attention si vous êtes connecté à plusieurs comptes Google à la fois, il est possible que l’accès à la nouvelle Search Console vous soit refusé ! En effet, s’il est possible de se connecter à des comptes Search console en étant connecté à plusieurs comptes Google, et sans que l’ordre d’ajout des comptes ait une importance, pour la nouvelle mouture, l’accès ne fonctionne que si vous êtes connecté à un seul compte, ou que si le compte associé à la Search Console est le compte par défaut de la multiconnexion, et non un compte ajouté.


Fig. 2. Si vous ne parvenez pas à accéder à la nouvelle GSC avec le lien, vérifiez si vous êtes en « sign in multiple » et si le compte par défaut est bien autorisé à accéder à cette Search Console. Si ce n’est pas le cas, il vous faudra vous reconnecter à ce seul compte ou choisir ce nouveau compte comme compte par défaut.

Si vous ne l’avez pas encore reçu

En fait, il est possible d’accéder à la nouvelle interface pour tous vos comptes authentifiés, même si le lien n’a pas été activé. Il suffit de remplacer dans le lien ci-dessous [votre site] par votre domaine, et vous aurez accès directement aux nouveaux rapports :
https://search.google.com/search-console?resource_id=[votre domaine]


Fig. 3. L’interface de la nouvelle Search Console : plus claire, plus ergonomique…
mais encore peu de fonctionnalités disponibles.

Les principales nouveautés

Le nouveau « rapport sur les performances »

Le rapport sur les performances remplace le rapport « Search Analytics ». Le design de ce nouveau rapport a été modifié, mais on retrouve fondamentalement les mêmes fonctionnalités que celles de l’ancien rapport.

16 mois de données !

Le fait de ne disposer que de 90 jours de données dans le rapport Search analytics a souvent été dénoncé comme une faiblesse majeure de la Search Console. Avec la nouvelle version c’est fini : elle fournit tout de suite 16 mois de données, et de manière rétroactive… Il est donc désormais possible de comparer les 3 derniers mois avec les 3 derniers de l’année précédente.

Des données identiques à celles du rapport Search Analytics

La façon de compter les clics et les impressions ou les positions est inchangée dans la nouvelle Search Console : ce sont les mêmes données qui sont disponibles dans les deux rapports

Des filtres multi-dimensions

La principale nouveauté est la possibilité de faire des filtres combinés à partir des quatre dimensions disponibles : requête, page, pays ou appareil. Ce n’était pas possible avec l’ancienne interface.

Attention, l’utilisation des filtres combinés peut-être trompeuse : par exemple, si vous additionnez les clics obtenus sur des groupes de pages pour différents appareils, le total donnera plus de clics que le nombre total retourné pour toutes les pages. Ceci est dû à la façon dont les clics sont comptabilisés dans le cas où plusieurs URL sont présentes dans la page de résultats.


Fig. 4. Le nouveau rapport sur les performances.

Le rapport de couverture d’index

Le rapport de couverture d’index est sans doute celui qui, pour le moment, apporte le plus d’informations nouvelles.
Jusqu’à aujourd’hui, obtenir la liste des URL indexées par Google était tout bonnement impossible. La commande site: n’a jamais été fiable, et ne renvoie pas la totalité des pages indexées. La Search Console permettait d’avoir le nombre exact de pages indexées, mais pas la liste des URL.

Il était possible de cerner le problème en essayant d’obtenir des infos sur l’indexation des Sitemaps : quand les Sitemaps sont découpés en petits fichiers xml, par type de pages ou par catégories, cela permettait de deviner (mais pas toujours) quels groupes de pages n’étaient pas retenus par Google pour figurer dans l’index.


Fig. 5. L’ancien rapport sur l’indexation ne fournissait que le volume de pages indexées, pas la liste des pages indexées.

Et si une page était active, c’est-à-dire recevait du trafic en provenance de Google, on pouvait avoir la certitude que cette page était indexée. Mais quid des pages qui, bien que figurant bien dans l’index, ne générait aucun trafic ?

Or, essayer de comprendre quelles URL crawlées par Google ne figurent pas dans l’index, et pourquoi, peut aider à comprendre l’origine de problèmes bloquants ou gênants pour le référencement.

Enfin des données détaillées sur les pages indexées

Si on regarde un exemple de rapport d’indexation, le rapport indique que la plupart des URL connues par Google sont “exclues” :


Fig. 6. Graphique des URL exclues.

Et on a accès à des informations très détaillées sur le statut d’indexation des URL :


Fig. 7. Causes d'exclusion des URL.

Pour les URL “exclues”, une grande diversité de ca est possible :
– des cas “normaux” : pages avec une balise noindex, redirections, pages canonicalisées ;
– des cas moins normaux : pages explorées, mais non retenues;
– des anomalies détectées.

On peut également obtenir un rapport sur toutes les URL indexées alors que leur téléchargement est bloqué par le robots.txt ! Rappelons que le robots.txt ne bloque pas l’indexation par défaut, mais le crawl, et avoir un grand nombre d’URL dans ce cas est rarement voulu par les webmasters, et n’est pas souhaitable.

Mais le grand progrès est le fait de disposer enfin d’une liste des URL concernées par chaque statut : pour chaque anomalie, on peut enfin essayer de comprendre ce qui a provoqué le problème.


Fig. 8. Graphique par cause de problème.

Notons que l’on peut également filtrer les rapports par Sitemap, ce qui permet de diagnostiquer les raisons pour laquelle des URL placées dans un sitemap xml ne sont pas correctement indexées.

Un statut intermédiaire apparaît : les “pages indexées sans intérêt”

Au détour, le rapport identifie les pages indexées “sans intérêt”, qui sont définies comme des pages qui sont “très rarement affichées” dans les pages de résultat.

Ces pages sont typiquement ces URL qu’il était impossible d’identifier avant : des pages indexées, mais qui ne généraient pas de trafic. En comparant les pages “sans intérêt” et les “valides” on peut donc commencer à comprendre pourquoi certaines pages ne génèrent pas de trafic, et identifier des actions qui pourraient permettre de changer cette situation.


Fig. 9. Liste des pages explorées par le robot.

Le rapport d’améliorations

Le rapport d’améliorations centralise toutes les erreurs remontées lors du crawl des pages par Googlebot.
Pour le moment, deux sections de ce rapport seulement sont disponibles :

  • Le rapport sur les pages AMP ;
  • Le rapport sur les « jobs postings ».


Fig. 10. Rapport sur les pages AMP.

Le rapport sur l’état des pages AMP permet de gérer un processus de correction à l’aide de la colonne « validation ». Il suffit de cliquer sur le bouton  « valider la correction » pour chaque erreur, pour gérer l’avancement de la correction des problèmes. Si vous validez la correction et que l’outil détecte que ce n’est pas le cas, vous en serez avertis et vous pourrez recommencer jusqu’à ce que le problème ne soit plus détecté.

Les limites actuelles

Un service pour une fois vraiment en bêta…

Google nous a habitués à de fausses versiosn « bêta » de ses services, des services en fait finalisés mais annoncés comme des « bêtas » pour des raisons de prudence parfois, ou des raisons marketing. Mais avec la version actuelle de la GSC, il s’agit d’une vraie « bêta » :

  • Tout n’est pas entièrement stabilisé, et Google attend des feedbacks de la part des utilisateurs pour ajuster les interfaces et les fonctionnalités dans les rapports déjà proposés.
  • La nouvelle Search Console est très incomplète, et la plupart des remontées d’information disponibles dans l’ancienne interface ne sont pas présentes dans la nouvelle.

Toujours pas de regex dans le rapport sur la performance

Même si la nouvelle interface du rapport sur la performance est plus ergonomique et offre plus de possibilités, il est toujours impossible d’utiliser des regex ou des combinaisons de filtres pour pouvoir facilement isoler le trafic SEO marque et hors marque, ou le trafic de certains univers produits.

Cela fait partie des demandes qui ont été formulées régulièrement dans les forums de support de la GSC, mais sur ce point, Google n’a pas souhaité proposer cette option qui n’est pas utilisable par le « grand public ».
Rappelons que pour les utilisateurs de Google Analytics, il existe une solution de contournement :

  • Il suffit d’associer la Search console et votre compte Google Analytics ;
  • Et ensuite d’utiliser les possibilités de filtrage avancé de GA, qui permet notamment l’utilisation de Regex.

Si cela vous intéresse de produire un rapport filtré en une seule passe par requêtes marques, la procédure à suivre est indiquée dans cet article :
https://www.search-foresight.com/astuce-filtrer-efficacement-rapports-de-gsc/


Fig. 11. Possibilité d'utiliser des regex dans Analytics.

Pas de rapports agrégés

Contrairement à l’ancienne Search Console, les rapports agrégés ne sont pas disponibles. Donc si vous voulez suivre le trafic généré à partir de plusieurs domaines ou les versions http et https, il vous faudra additionner les chiffres à partir d’un export (pas très pratique au quotidien). A priori, les rapports agrégés font partie des fonctionnalités annoncées pour plus tard.

Pas encore d’API

Il existe une API qui permet d’accéder à une partie des données de la Search Console. A date, cette API ne donne accès qu’aux données de l’ancienne interface : il est donc impossible d’avoir via l’API des données détaillées sur l’indexation.
Notons que les rapports fournis dans l’interface de la nouvelle Search Console sont limités à 1  000 lignes, comme dans l’ancienne. Espérons que la future API permettra comme aujourd’hui de contourner cette limitation.

Et… deux interfaces différentes, dont une très très incomplète

Des sections entières de l’ancienne Search Console n’ont toujours pas d’équivalent dans la nouvelle. Par exemple, les infos sur l’expérience mobile sont absentes, les informations sur les temps de téléchargement également, la mention des pénalités manuelles et de nombreux paramètres (comme la géolocalisation) ne sont pas disponibles.


Fig. 12. L’interface de la Search Console en 2005… A l’époque, seuls 4 rapports étaient disponibles.

Les futures fonctionnalités attendues

Google a annoncé que les deux interfaces allaient être proposées en parallèle pendant toute l’année 2018. Il est donc probable qu’en janvier 2019, tout le périmètre des fonctionnalités de l’ancienne Search Console soit disponible dans la nouvelle.

Y aura-t-il de nouveaux rapports ou de nouvelles fonctionnalités qui vont s’ajouter à la nouvelle version ? En principe oui, on attend en particulier de nouvelles remontées d’infos liées aux évolutions côté mobile, mais Google a confirmé peu de choses pour l’instant.


Fig. 13. Parmi les feedbacks que vous pouvez donner, vous pouvez voter pour le rapport qui vous manque le plus parmi ceux de l’ancienne Search Console. Le formulaire se trouve ici :
https://support.google.com/webmasters/contact/request_for_missing_reports?hl=en.

 

Conclusion : si des options vous manquent dans la GSC, participez aux panels et répondez aux questionnaires

Les versions « bêta » actuelles des rapports présentent des différences notables avec les versions de tests qui ont été soumises à quelques bêta-testeurs volontaires en 2017. Cela signifie que Google prend bien en compte les feedbacks reçus lors de ces phases de test, ainsi que les enquêtes effectuées auprès d’eux à l’issue de ces phases.

Il est encore possible de communiquer vos feedbacks : n’hésitez pas à le faire si vous pensez que la nouvelle interface est perfectible, ou si vous souhaitez que des informations nouvelles remontent dans la Search Console. C’est l’occasion ou jamais, car il n’aura peut-être pas de nouvelle refonte majeure de la Search Console avant des années…

Lien utiles

Le billet du blog officiel de Google annonçant le lancement officiel de la nouvelle « search console » :
https://webmasters.googleblog.com/2018/01/introducing-new-search-console.html

Description détaillée du rapport « Performance de la recherche » :
https://support.google.com/webmasters/answer/7576553
Description détaillée du rapport « Couverture de l’index » :
https://support.google.com/webmasters/answer/7440203
Rapport d’état des offres d’emploi :
https://support.google.com/webmasters/answer/7552505
Rapport d’état des pages AMP :
https://support.google.com/webmasters/answer/7450883

Astuce pour filtrer les requêtes et les pages d’atterrissage du rapport Search Analytics dans Google Analytics :
https://www.search-foresight.com/astuce-filtrer-efficacement-rapports-de-gsc/

Webographie

Les deux précédents articles de Philippe Yonnet sur « comment exploiter le rapport Search Analytics » :
http://recherche-referencement.abondance.com/2016/09/comment-utiliser-au-mieux-lanalyse-de.html
http://recherche-referencement.abondance.com/2016/07/comment-utiliser-au-mieux-lanalyse-de.html


Philippe Yonnet, CEO de l’agence SEARCH FORESIGHT – Groupe MyMedia (https://www.search-foresight.com).