Vous le savez certainement, certaines sociétés de référencement ont dernièrement vu leur site web "blacklistés" par Google, le PageRank de leur page d'accueil étant également réduit à néant. Au delà de la sanction en elle-même, nous avons demandé à un certain nombre de société de référencement de nous donner leur avis sur ce "phénomène"... Avant  de recueillir l’avis de Google sur ce point le mois prochain.

Nous ne reviendrons pas ici sur les actions de déréférencement de certaines sociétés de référencement par Google ces dernières semaines. Elles ont été largement commentées dans la presse... Nous avons préféré, dans le cadre de cette lettre, contacter plusieurs sociétés spécialisées du domaine en leur posant les quatre questions suivantes :

- Que pensez-vous de cette action de Google ? 

- En quoi cela peut-il influer sur d'éventuelles évolutions du référencement et de ses techniques ?

- La profession de référenceur a-t-elle besoin d'un "code de déontologie" et, si oui, par qui doit-il être rédigé ? 

- Quelle est votre opinion sur cet "épisode" ?

Les sociétés avaient le choix soit de répondre à ces trois questions, soit de proposer un texte libre nous donnant, de façon globale, leur opinion sur l'avenir de la profession au sens large.

Il faut noter que, parmi les nombreuses sociétés contactées, plusieurs ont refusé d'intervenir ici. Plusieurs n'ont pas non plus daigné répondre au mail envoyé. Signe d'un manque de solidarité de la profession ? D'un égoïsme exacerbé ? Ou tout simplement par manque de temps ou d’intérêt ? Difficile à dire...

Nota : nous travaillons actuellement à recueillir l’avis « officiel » de Google sur ses actions de déréférencement. L’affaire semblant bien engagée, nous devrions vous proposer une interview d’un responsable du moteur de recherche à ce sujet la mois prochain.

Voici, en attendant, l’avis des référenceurs ayant répondu à notre appel :

Bruno Langlois (@position.com) :

- Que pensez-vous de cette action de Google ?

Depuis longtemps Google se devait de nettoyer sa base de données. Son introduction en bourse rendait prévisible une action a minima autour de cette période. En ce qui concerne la pertinence de cette action, Google semble avoir retenu un nombre limité de critères d'exclusion. La conséquence directe est l'approximation de l'exclusion : nombre de grands spamdexeurs sont passés au travers, et quelques référenceurs maladroits ont été exagérément punis. Cette « injustice » n'est ni la première ni la dernière, cependant nous pensons qu'avec la qualité des équipes techniques du moteur Google, de nombreux autres critères vont bientôt être pris en compte, et que naturellement la situation retournera ainsi à la normale.

- En quoi cela peut-il influer sur d'éventuelles évolutions du référencement et de ses techniques ?

Ce coup de semonce de Google a vraisemblablement un impact essentiellement symbolique. En effet il montre que l'étiquette « référenceur présent sur la place publique » n'exempt pas le prestataire d'un savoir-faire professionnel. La moindre imprécision de réalisation peut entraîner le couperet du blacklistage. Les compétences « métier » des référenceurs sont mises en avant.

La démarche technologique de Google (au contraire de sa démarche commerciale) ne s'est encore jamais appuyée sur le dialogue. Si cette conduite se maintient, c'est la discrétion des référenceurs qui progressera plutôt qu'une réglementation officielle construite en partenariat entre référenceur et Google. Si cette discrétion n'agit en rien sur la déontologie, elle laisse en revanche moins de place au spamdexing.

Sur le plan de la discussion avec les référenceurs, Google fait figure d'exception jusqu'à présent. Car les autres outils, Yahoo en tête, sont ouverts aux échanges et proposent même des solutions, comme le Paid Inclusion (Trusted feed,...), qui aboutit à partager les revenus de ces travaux.

Finalement l'intérêt de tous est d'entamer/continuer les discussions et parallèlement accroître la compétence métier de la profession.

- La profession de référenceur a-t-elle besoin d'un "code de déontologie" et, si oui, par qui doit-il être rédigé ?

Il nous paraît important et urgent de professionnaliser le métier de référenceur. Pour cela les acteurs qui composent ce marché doivent se réunir et choisir de construire ensemble les règles qui vont régir le secteur : règles de déontologie, mais aussi modalités d'identification du type d'acteur, certification de compétences des individus, organe de représentation du secteur, travail sur la législation du secteur... Aujourd'hui plusieurs associations existent, probablement dans ce but, qu'elles n'atteignent pourtant pas. Peut-être ne reposent-elles que sur trop peu d'individus ? Peut-être ne sont-elles pas adaptées aux spécificités de ce marché ? Quoiqu'il en soit, il nous faut tous avancer sur ce terrain. Seul un conseil représentatif de cet organe à créer pourra, en accord et collaboration avec les outils de recherche, rédiger des règles de déontologie.

Cet épisode, comme toute crise, comporte des aspects positifs et des aspects négatifs. Cependant il marque surtout un changement. Un changement des relations entre outils et référenceurs, entre référenceurs et clients, ainsi qu'un rappel sévère à tous de l'importance du métier. Nous sommes confiants sur une « sortie par le haut » de cette situation, et sur le fait que le métier et le secteur du référencement en sortira grandi. La plus grande déception serait que ce changement soit avorté.

Stéphane Marec (Qualitrafic) :

- Que pensez-vous de cette action de Google ?

Difficile de savoir quoi en penser. Les raisons et modalités des déréférencements observés ces derniers mois sont probablement différentes dans chaque cas. A ma connaissance, Google n'a communiqué que sur un seul cas, celui d'une société française de référencement qui correspondrait apparemment à un déréférencement manuel.

La plupart des autres cas observés sont à notre avis plus probablement le résultat d'un traitement automatique.

Mais les raisons peuvent être diverses : changement d'algorithme, bug technique ou mauvaise gestion par Google de certaines techniques de redirection (les redirections 302), filtre anti-spam ?

Tant que Google ne communique pas sur ces déréférencements, qui semblent effectivement plus fréquents que par le passé depuis mai-juin 2004, toutes les hypothèses ou spéculations sont envisageables.

Cette absence de communication est un problème. Au printemps 2004, le concours de positionnement "mangeur de cigogne" avait révélé par exemple certaines "failles" importantes de Google. En premier lieu, une technique de déréférencement de concurrents qui risque de devenir le nouveau sport à la mode de la part de webmasters peu scrupuleux, si Google ne se penche pas sérieusement sur ce genre de dysfonctionnements.

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