Stéphane Chaudiron est chargé de mission au sein du bureau de l'Information Scientifique et Technique du Ministère de la Recherche. Il revient avec nous, au cours de cet interview, sur les projets d'évaluation des outils de veille et de recherche d'information actuellement utilisés par les acteurs du tissu économique et le grand public. Cette évaluation sera, en France, le fondement de la mise en place d'une industrie de confiance pour la recherche de l'information stratégique, dans une perspective d'Intelligence Economique...

A partir de 2007, le Ministère de la Recherche mettra l'accent sur l'évaluation des outils de veille et de recherche d'information utilisés couramment par les acteurs du tissu économique et le grand public. Demain l'évaluation des outils de veille et de recherche d'information sera en France, le fondement de la mise en place d'une industrie de confiance pour la recherche de l'information stratégique, dans une perspective d'Intelligence Economique. Alors, l'évaluation assurera-t-elle à la veille de beaux lendemains ? Stéphane Chaudiron, chargé de mission au sein du bureau de l'Information Scientifique et Technique du Ministère de la Recherche, répond à nos questions sur ce point...

Bonjour Stéphane Chaudiron et merci de bien vouloir répondre à nos questions. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis professeur en Sciences de l'Information et de la Communication et chargé de mission au sein du bureau de l'Information Scientifique et Technique du Ministère de la Recherche. Ce bureau dépend de la DGRI (Direction Générale de la Recherche et de l'Innovation). Je suis responsable du secteur veille stratégique et technologies de la langue.

Quelle est la place de la recherche d'information dans ce contexte ?

Le bureau a deux missions dans le domaine de l'information spécialisée. D'une part, faire en sorte que les entreprises et organismes de recherche publics accèdent à une information de qualité. Cela signifie travailler sur l'offre d'information, notamment auprès des acteurs qui produisent de l'Information Scientifique et Technique. Cela veut dire aussi travailler sur l'accès à cette information et définir les outils les plus performants pour y parvenir. Il s'agit là de notre deuxième mission.

Au sein du nouveau dispositif qui inclut désormais l'ANR, quel est votre rôle exact ?

Je travaille à la mise en place d'un cadre global permettant par exemple de déposer des projets auprès de la Commission Européenne, de susciter l'émergence de nouveaux programmes au sein de l'ANR, et de participer à la mise en œuvre d'une industrie de confiance dans le domaine du traitement de l'information.

Vous vous situez donc en amont du processus décisionnel qui donne la tendance ?

On ne peut pas vraiment le formuler ainsi. L'ANR doit mettre en œuvre les décisions qui sont prises par le conseil d'administration au sein duquel le Ministère de la Recherche joue naturellement un rôle important. De notre côté nous nous situons en amont, dans la prospective et la définition des axes de recherche.

Pouvez-vous nous parler des outils actuels et des tendances en matière de veille et de recherche d'information ?

Nous oeuvrons pour que, au sein de l'ANR il existe des programmes spécifiquement dédiés à la recherche d'information. Par ailleurs, la recherche d'information s'inscrit dans un cadre global qui est celui de la veille. Il s'agit de la recherche de l'information stratégique et l'exploitation de celle-ci, aussi bien dans le domaine des grands groupes que celui des EPST, ou encore le tissu des PMI et PME. C'est donc dans ce cadre global de veille stratégique que s'inscrit notre action qui concerne la recherche d'information.

Quelles sont les actions spécifiques dans ce domaine en direction des entreprises ? Travaillez-vous en liaison avec le Haut Commissariat à l'Intelligence Economique ?

Le maître mot est de faire en sorte qu'il existe en France une industrie du logiciel dite de confiance. Cela revient à permettre aux acteurs français souhaitant mettre en place un dispositif de veille, d'être assurés de la qualité de ce dispositif sur le plan technologique ainsi que de l'indépendance de l'entreprise qui les propose. Dans cette optique le rôle du Ministère consiste d'une part à favoriser l'émergence des innovations technologiques dans le domaine de la recherche d'informations et d'autre part en la mise en place de protocoles d'évaluation visant à caractériser les différentes technologies et les fonctionnalités des outils proposés. Le point fort du dispositif de confiance que nous mettons en place, c'est l'évaluation, conformément aux directives du Haut Commissariat à l'Intelligence Economique.

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