Comment expliquer que de nombreuses stratégies digitales, techniquement irréprochables, n’atteignent pas leurs objectifs ou s’essoufflent dans une inertie épuisante ?
Mon déclic a eu lieu il y a 12 ans. À l’époque, mon manager m’avait proposé un défi : animer un atelier d’intelligence collective pour la prise de brief d’une refonte de site web complexe. Jusqu’à présent, j’avais l’habitude des réunions classiques où chacun·e liste ses « souhaits » fonctionnels de manière déconnectée, souvent dans un climat de négociation tendue où celui ou celle qui parle le plus fort gagne. Ce jour-là, nous avons utilisé des exercices de facilitation pour faire émerger les besoins réels du client et, surtout, pour hiérarchiser les priorités stratégiques de façon partagée et transparente.
Ce fut une véritable révélation. En seulement deux heures d’atelier, nous avions abattu un travail qui aurait normalement nécessité une semaine entière d’allers-retours par mail, de malentendus sémantiques et de réunions improductives. Mais au-delà de l’efficacité pure, c’est ma posture qui a basculé. J’ai compris que je pouvais sortir de la relation classique « client-prestataire » souvent descendante, rigide et génératrice de frustration pour entrer dans une véritable coopération. Je n’étais plus là pour simplement livrer une commande technique, mais pour co-construire une vision pérenne avec celle et ceux qui allaient réellement faire vivre l’outil au quotidien.

Image : atelier parcours utilisateur