Depuis plusieurs années, il est devenu de plus en plus difficile de prédire avec certitude l’impact réel de la plupart des optimisations SEO les plus préconisées. Pourquoi ? Parce que dans le cœur de l’algorithme de classement de Google comme dans les filtres récents, beaucoup de scores sont élaborés avec des outils d’IA, comme des classifieurs. Cela implique que ce qui va permettre à une page web de figurer dans le top3 ou le top10 dépend de l’analyse conjointe de scores et de critères multiples.

Par exemple, contrairement à ce que l’on pouvait observer il y a une dizaine d’années, l’optimisation des balises title de vos pages peut provoquer une chute brutale dans les classements. C’est pourtant souvent considéré comme le B.A-BA parmi les optimisations SEO. Mais ce qui peut arriver, c’est qu’un changement qui peut apparaître comme forcément positif fait basculer l’évaluation du site, qui sera d’un coup considéré comme suroptimisé !

Illustration du défi posé par les classifieurs pour mesurer la qualité ou la confiance qu’on peut accorder à une page. Un petit changement, même dans la bonne direction, peut vous faire basculer du mauvais côté de la ligne de démarcation entre les “bonnes pages” et les “mauvaises pages”.

 

Mais alors, comment prédire si les optimisations prévues sur un site seront réellement positives, et si elles permettront de gagner des positions et du trafic qualifié sans effets de bord négatifs ?

C’est là qu’intervient le Split Testing SEO…

 

Le Split Testing SEO, qu’est-ce que c’est exactement ?

En matière de tests sur des sites web, on sépare classiquement:

  • le Test A/B : on teste l’impact d’un changement sur une variable unique de la page, sur une seule page (par exemple la couleur d’un bouton sur un “call to action”). On teste la version A de la page par rapport à une version B ;
  • le Test MVT (test multivarié) : on teste l’impact de changements sur plusieurs variables à la fois (par exemple la taille du bouton, le texte du bouton, l’emplacement du bouton) ;
  • et le Split Testing (test fractionné): on teste différentes versions de la page. C’est le template entier qui est testé, pas un certain changement sur la page.

En pratique, quand on veut tester des optimisations SEO, on est confronté à plusieurs défis qui forcent à faire plutôt du split testing.

Déjà, pour mesurer un impact, il faut attendre souvent plusieurs semaines pour que l’ensemble des signaux soient mis à jour. Cela signifie que tester des optimisations variable par variable demande trop de temps. En pratique, on teste donc des optimisations multiples sur un modèle de pages donné, et parfois sur plusieurs types de pages à la fois !

Ensuite, beaucoup d’optimisations ont un impact qui ne dépend pas seulement de ce qui se passe sur les pages testées mais aussi sur les pages qui sont liées avec elles.

Par conséquent, le schéma classique d’un Split Testing SEO est le suivant :

  • On identifie un type de pages que l’on souhaite tester (les pages produits, les pages listings, les pages articles, les pages marques etc.) ;
  • On crée une version optimisée de ce template ;
  • Et on affiche le nouveau template sur une fraction des urls liées à ce template.

Par exemple, comme dans le schéma ci-dessous, on optimise le template des pages produits des sites marchands, et on utilise ce template sur 25% des urls et pour 75% des urls restants, on conserve l’ancien template.

 

On monitore ensuite les résultats pour valider si oui ou non, les optimisations ont un impact positif.

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Philippe Yonnet
CEO du groupe Neper et de Know Y